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“J’adore les plantes depuis toute petite. Au début, quand je me suis installée, je voulais cultiver les plantes sauvages méconnues pour faire du local. Finalement, elles n’étaient tellement pas connues qu’elles me sont restées sur les bras !”, sourit-elle en évoquant l’érythrée petite centaurée ou la germandrée petit chêne. Sabine se tourne donc vers des plantes “plus populaires” : lavande, aneth, coriandre, sarriette, romarin, sauge, thym, origan, persil, moutarde, carvi, psyllium, céleri, epazote, fenugrec, basilic, verveine et papalo poussent désormais dans les champs de la Piège autour de sa maison de bois.

“Un monde autre”

Après le passage au séchoir à chaleur douce, ces plantes-là partent en pot à épices tandis que le genévrier, le cynorrhodon, l’aubépine, l’achillée, le frêne, le coquelicot ou le millepertuis sont transformés en tisanes ou en baumes. “Après-repas”, “Pour les femmes”, “Peps”, “épure” ou “Nuit profonde” composent la gamme de tisanes vendue en sachets individuels, “et là j’en prépare une dans ma tête qui s’appellera Pétillante à base de piment”. Sabine Cros vend également des tisanes en vrac d’achillée, de sureau, de mélisse, de menthe, de frêne ou de moût de cynorrhodon.

“Je trouve ça dingue les plantes, c’est un monde autre. Les travaux du chercheur Francis Hallé explquent bien cet autre monde. La plante est un être vivant complètement différent de nous mais qui nous apporte énormément. Notre nourriture et notre santé de base sont basées sur les plantes. Ce n’est pas un environnement, c’est notre biotope, notre milieu de vie. Chez moi c’est très sensoriel tout ça”, exprime Sabine qui, avant son installation, s’imaginait pouvoir tout faire à la main. “Pour tirer un revenu il faut un minimum de mécanisation. Aujourd’hui je travaille avec des machines, une bineuse, un tracteur, une moissonneuse… C’est un beau métier, indispensable, et c’est dommage que les gens ne connaissent pas plus ce que c’est de cultiver. Il faut qu’on travaille pour avoir des revenus, mais on dépend de la météo, et cette prise de conscience n’émerge pas encore”.

Parmi les autres produits de Sabine, une gamme de baumes et d’huiles. “Le baume Peau calme aide à calmer les démangeaisons grâce à un macérat de plantes à base d’huile de tournesol et de cire d’abeille. Puis l’huile Stop boutons aide les problèmes d’herpès, elle est à base de mélisse, c’est une super plante antivirale”. Tous ses produits sont vendus en ligne, dans les boutiques bios de l’Aude et au-delà, et même jusqu’en Guadeloupe !

Ses ambitions prochaines : bannir le plastique en passant tout son packaging en carton, et “trouver des techniques de travail différentes pour préserver la vie des sols”. Aujourd’hui, cette maman de 43 printemps est une agricultrice “heureuse de travailler les plantes et la nature, c’est un accomplissement”.

Justine Bonnery

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